Je suis âgé de 20 ans, je suis autiste et mon handicap nécessite une assistance permanente 24 heures sur 24…

 

Je suis gentil, attachant mais je peux également être turbulent et pénible… je n’y peux rien, cela fait partie de mon handicap… Aujourd’hui, je végète dans une institution médicalisée qui me reçoit en semaine et dans laquelle je suis parmi des jeunes enfants… Avec mon 1 mètre 90 et mes 80 kilos, je parais être un géant très maladroit… Cette maladresse me cause aujourd’hui beaucoup d’ennui… à ce qu’il paraît, je n’ai plus ma place chez les enfants, mais je n’en ai aucune chez les adultes…

Monsieur SARKOZY a déclaré l’AUTISME GRANDE CAUSE NATIONALE 2012… et pourtant …

Dernièrement, j’ai été victime d’une crise d’angoisse importante… Seul dans ma tête, seul dans mon monde, ne pouvant pas m’exprimer, impuissant face à cette peur, j’ai tenté de faire comprendre en renversant un bureau vide de ma chambre… le directeur de l’établissement qui m’accueille a aussitôt appelé le SAMU, les Gendarmes, le MAIRE de la commune… son but : me faire hospitaliser soit disant pour protéger les autres enfants… mais cela fait 18 ans que je suis dans cette institution médicalisée et jamais il n’y a eu de problème…

je n’ai jamais été méchant avec qui que ce soit… un peu taquin, oui, mais rien de méchant… NON, ce qui a changé, c’est uniquement mon âge et mon physique… je suis adulte par l’âge mais en vérité, je n’ai que 6 ans dans ma tête… je ne comprends même pas ce que le directeur me dit… La vérité est malheureusement toute autre : on veut se débarasser de moi car je deviens un boulet pour le personnel et le directeur…

De mon côté, je veux bien quitter l’IME mais il n’existe aucun établissement adulte pour m’accueillir !!! Pour le directeur, il est plus aisé d’accueillir des jeunes qui resteront longtemps dans son établissement que poursuivre avec moi pour encore quelques mois… Les gendarmes se demandaient ce qu’ils faisaient là… le SAMU également … en effet, des professionnels, dans une institution spécialisée dont le rôle est d’accueillir des personnes telles que moi, se disaient dépassés par la situation… Devant le refus du directeur de me laisser dormir dans ma chambre et la menace de m’hospitaliser d’office, ma maman (appelée sur place) n’a pas pu faire autrement que de se plier et je me suis retrouvé aux Urgences d’un hôpital… Les urgentistes n’en croyaient pas leurs yeux… ils avaient devant eux un grand bébé tout sourire qui se demandait où il se trouvait et pourquoi ???

Après plusieurs heures, les médecins ont imposés au directeur de mon IME de m’admettre à nouveau… A mon retour, il a menacé ma maman de recommencer tant qu’il le faudrait car je n’avais plus ma place chez lui…

Aujourd’hui, je vis un calvaire, ma maman, mon papa, mon beau père, ma soeur et ma grand-mère ne vivent plus… dès que le téléphone sonne, c’est l’angoisse d’apprendre que je suis reparti aux urgences parmi les accidentés de la route et les ivrognes… Je n’ai jamais rien fait de mal…ma seule faute est d’être autiste…

on ne veut plus de moi, alors Monsieur SARKOZY, vous qui avez déclaré l’autisme grande cause nationale 2012… que faites vous pour me trouver un établissement adulte qui m’accorderait une admission, que faites vous pour m’apporter un peu de bonheur et me permettre, ainsi qu’à ma famille d’avoir ENFIN une vie NORMALE ??? Qu’allez vous faire ???

 

Voici le témoignage poignant de Florent Calvache que vous pouvez soutenir via sa page Facebook… L’autisme concerne aussi les adultes qui ont peu de chances aujourd’hui de trouver leur place dans notre société… et à peine dans un lieu accueillant et rassurant! Que font les autorités face à tous ces citoyens perdus dans la nébuleuse? Que doivent faire leurs parents qui supportent le regard et la lassitude, même de la part des professionnels? Devons-nous encore tolérer de laisser des gens sur le carreau ainsi devant batailler seuls pour que la société admette simplement qu’elle est en défaut face à ce problème d’accueil? 

Les enfants doivent être pris en charge intensivement, précocement et correctement pour leur donner la possibilité d’être plus autonome et de s’intégrer dans la société mais pour tous les jeunes adultes qui n’auront pas eu cette possibilité, doit-on fermer les yeux en les internant dans des endroits non appropriés? Un enfant c’est le symbole parfait pour sensibiliser, pour émouvoir; un adulte c’est encombrant… mais n’oublions jamais que nos enfants deviendront grands…

La grande cause nationale ne changera rien à la problématique rencontrée… C’est l’union des actions qui aura du poids rapidement et à long terme pour qu’ils ne soient jamais oubliés!

 

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